Stolpersteine et Gerhard Richter à la Fondation Luis Vuitton
5 janvier 2026 avec les Terminales germanistes
La mémoire sous nos pieds – Stolpersteine « Un homme n’est oublié que lorsque son nom est oublié », Talmud.
Premier jour de reprise après les vacances de Noël : les élèves germanistes des classes de Terminale T1, T5, TGF, TGM et TGF-RH sont partis à la découverte des Stolpersteine, récemment installés dans les rues de Paris depuis novembre 2024, après de longues années de refus de la part de la Ville de Paris.
Au programme également : la visite d’une grande rétrospective consacrée au peintre allemand Gerhard Richter à la Fondation Louis Vuitton.
Ces thématiques ayant été étudiées en cours d’allemand, cette sortie a offert aux élèves l’opportunité de concrétiser leurs connaissances en passant de la théorie à l’expérience directe.
Les Stolpersteine sont une création de l’artiste berlinois Gunter Demnig qui a posé le 1er Stolperstein (« pierres sur lesquelles on trébuche ») officiel en 1992 à Cologne. Depuis, des pierres ont été posées à travers 25 pays d’Europe (6500 à Berlin & plus de 50 000 dans l’ensemble des pays concernés) et cet œuvre est considérée comme le mémorial décentralisé le plus grand d’Europe.
Il s’agit de pavés insérés dans le sol, surmontés d’une plaque en laiton rendant hommage à une victime du nazisme, et scellés dans le trottoir devant son dernier lieu de résidence.
À Paris, nous avons constaté que ces Stolpersteine sont placés au ras des façades, parfois si discrètes qu’il faut les chercher vraiment attentivement pour les repérer.
En amont, les élèves s’étaient familiarisés avec les biographies de Hersz et Chaja Rajchgod, d’Abraham Pfefer et de Daniel Rajchgod. La présentation de leurs destins devant les pierres a suscité une vive émotion.
S’interroger sur le devoir de mémoire et sur la manière de le faire vivre à travers l’Art constitue également une préoccupation du peintre Gerhard Richter et ceci depuis longue date.
Considéré comme l’un des artistes contemporains les plus célèbres et les plus cotés aujourd’hui, Gerhard Richter explore, à travers son œuvre, la manière dont l’art peut interroger la mémoire, tout en mettant en lumière les limites de la peinture face à la photographie. En s’emparant de sujets ancrés dans l’actualité, il a su, par ses créations, provoquer de nombreux débats au sein de la société allemande.
Quelle chance alors, que la Fondation Louis Vuitton proposait une grande rétrospective de son œuvre.
Grâce à un guide remarquable, les élèves ont pu redécouvrir des œuvres étudiées en classe, dont la création la plus récente du peintre Gerhard Richter : le Birkenau-Zyklus.
Ces quatre toiles constituent une confrontation directe avec des photographies prises à Auschwitz II-Birkenau durant l’été 1944. Le Birkenau-Zyklus est exposé sur le site d’Auschwitz, et une reproduction est installée à l’entrée du Bundestag, à proximité de l’œuvre Schwarz, Rot, Gold, en référence aux couleurs du drapeau allemand.
Tous les visiteurs, y compris les responsables politiques, passent devant cette installation lorsqu’ils accèdent à ce lieu central de la démocratie allemande. Ce choix témoigne de la volonté de l’Allemagne de rappeler que le passé du national-socialisme demeure une préoccupation essentielle. Il s’agit ainsi d’affirmer l’importance durable de la culture de la mémoire, à mesure que les témoins directs de cette période disparaissent peu à peu.
Les élèves se sont montrés très attentifs et enthousiastes, ravi.es de découvrir les œuvres étudiées en classe. Elles et ils ont posé de nombreuses questions au guide de la Fondation Louis Vuitton, qui a su s’adapter à leur niveau en rendant accessibles, avec des mots simples, des notions parfois complexes et peu familières à un public non spécialiste de l’histoire de l’art.
Le pari était ambitieux, et il a été pleinement relevé.
Pour conclure la visite, notre guide a également accepté de compléter la découverte par quelques explications sur le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton, imaginé par Frank Gehry et ouvert au public en 2014. Cet édificeest un bâtiment unique, emblématique et audacieux.Il nous a montré des endroits particulièrement intéressants dans les étages et au sous-sol. Malheureusement nous ne pouvions pas accéder aux terrasses. La neige commençait à tomber nous forçant de presser le pas pour rentrer à Clichy-sous-Bois.
R E M E R C I E M E NTS
Un immense, gigantesque merci à Mme Baray et à ce groupe d’élèves absolument formidables ! Nous avons bravé un Paris désert par –4 degrés, marché avec les pieds frigorifiés et les mains gelées, avant de finir l’aventure… bloqués à Bondy, sans bus, sans tram, sans RER. Et pourtant, pas une plainte, pas un soupir : que des sourires ! De vrais warriors, toujours de bonne humeur et d’une patience exemplaire.
Un énorme merci également aux papas héroïques qui ont rapatrié bien après la tombée de la nuit une partie des troupes malgré la tempête de neige.
